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Mercredi 22 juillet 2009

JDD.fr, le 21-07-09.

Fillon va revoir le système de garde à vue

François Fillon a souhaité mardi une révision du régime français de la garde à vue, qui doit, selon lui, rester exceptionnelle. "La garde à vue ne peut pas être un instrument banal de procédure", a-t-il dit lors de l'installation de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) dans sa nouvelle composition. "La privation de liberté est un acte grave qui doit rester exceptionnel." Il s'est de nouveau prononcé contre l'incarcération de délinquants mineurs de moins de 13 ans, qui avait été évoquée par l'ex-ministre de la Justice Rachida Dati, dans le cadre de la réforme de l'ordonnance de 1945 sur la délinquance juvénile. Le nouveau texte sera notamment l'occasion de fixer l'âge de la responsabilité pénale, a rappelé François Fillon.

Par Patrice HUIBAN
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Samedi 1 novembre 2008

    
Un Appel intitulé « Au secours, les gens vont mal » vient d’être lancé sur Facebook. Un groupe de plus de 250 personnes étant d’ores et déjà constitué, nous avons décidé d’y consacrer un blog spécifique.
Nous vous remercions de bien vouloir aller lui rendre visite, le signer et le relayer auprès de vos amis.

Par Raphael Anton
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Vendredi 23 mai 2008

Un rapport a été remis au Sénat concernant le Service Militaire Adapté (SMA) et sa déclinaison en métropole, le plan "Défense 2e chance".

Afin de pérenniser le plan "Défense 2e chance" et accroître son efficacité afin d'atteindre l'objectif ambitieux de 20 000 jeunes par an, le rapport préconise, entre autres, de clarifier les missions du plan et d'accroître l'effort budgétaire.

http://www.senat.fr/noticerap/2007/r07-290-notice.html

Merci à M. André MONTAGNE du pôle jeunesse pour cette info !

Par Patrice HUIBAN
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Samedi 5 avril 2008

Var-matin, le 21-03-08

 

Brignoles : aider à retrouver des repères

Une petite plaque, boulevard Saint-Louis : l'unité éducative en milieu ouvert a la tâche discrète. Mais délicate puisqu'elle accompagne une centaine de jeunes, garçons et filles, versés dans la délinquance et soumis à des mesures d'encadrement précises : liberté surveillée, réparation ou travail d'intérêt général par exemple. La panoplie des peines est large mais toujours dictée par la loi et motivée par le juge. " C'est lui qui prescrit l'ordonnance et mandate le service pour mener à bien le travail ", résume André Douzant, responsable de cette unité particulière de la Protection judiciaire de la Jeunesse. Ici, l'enfant, l'adolescent (ils ont entre 11 et 19, 20 ans) est laissé à sa famille " dans son milieu naturel ". D'où son nom de " milieu ouvert ".

Son ambition éducative est de " tisser, retricoter du lien ", par l'écoute, le dialogue, le suivi, le conseil porté aux parents qui ont souvent perdu pied. La faute au chômage, à l'alcoolisme, à la drogue, à une séparation, à la précarité, à la solitude aussi.

" L'enfant, qui devient délinquant réagit à un milieu social, c'est un instinct de survie. Mais il n'y a pas un seul facteur déclenchant, c'est plutôt une accumulation, une concomitance ", analyse André Douzant, plus sensible " aux comportements individualistes qu'à la pauvreté ", pour expliquer ces difficultés, ces dérives. Aider et soutenir les parents donc - dans une très grande majorité, ils acceptent cette main tendue - tout en gardant au centre la parole de l'enfant : c'est bien là le travail des quatre éducateurs, de la psychologue et de l'assistante sociale missionnés par le juge des enfants. " Cette collaboration avec la famille et cette prise en considération du mineur font aujourd'hui la qualité et l'efficacité du milieu ouvert ", insiste Laurent Sabag, juge pour enfants, qui croit beaucoup à ce partenariat avec la Protection judiciaire. " Bien souvent, je ne revois pas ces jeunes dans mon bureau, ils n'y font qu'un seul et unique passage ". Preuve que la mesure prise a porté ses fruits.

Redonner de l'autorité aux parents

Pour autant, il faut du temps. Le suivi peut durer quelques mois, en moyenne une année, voire beaucoup plus. " Nous ne sommes pas des Zorro, des donneurs de leçons, c'est un long travail de stratégie. L'objectif, c'est de redonner de l'autorité aux parents, de les mettre en situation de poser les règles, de leur faire prendre conscience par eux-mêmes des solutions ", souligne André Douzant. L'exercice, " qui n'est pas un exercice de contrôle mais d'accompagnement ", se fait par touches successives, des visites régulières aux familles, hebdomadaires ou plus espacées quand il y a moins besoin. Il se fait aussi en réseau, avec le concours d'enseignants, de médecins quand il faut. C'est cette richesse " d'échanges, de liberté d'action " qui plaît à Marion, éducatrice depuis 2000 et qui a la charge d'une vingtaine de jeunes et leurs familles.

Sur la centaine suivie par le centre, une trentaine est installée à Brignoles, les autres habitent Le Luc, Saint-Zacharie, Rocbaron, Rians ou encore Garéoult.

Ville ou campagne, la délinquance juvénile n'obéit pas à la géographie. Et atteint tous les milieux socioprofessionnels. Mais, si tendance il y a, remarque André Douzant, " on s'aperçoit que la tranche des 11-14 ans est de plus en plus concernée par des faits de violence, couteau dans les cartables par exemple ". " Un phénomène qu'on ne voyait pas avant " et qui, conclut-il, inquiète l'ensemble des autorités et services qui travaillent près des jeunes.

Par Patrice HUIBAN
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Dimanche 30 mars 2008

Valeurs actuelles.fr, le 28-03-08

Le tabou des enfants bandits

Pendant que leurs camarades apprennent à lire, eux s’entraînent déjà à voler et à brûler. Une sociologue, née en Seine-Saint-Denis, lève le voile sur une réalité qu’éludent les politiques de tous bords. Poignant.



L’autre semaine à Lille, deux mineurs agressaient un SDF à coups de couteau dans la gorge, parce qu’il refusait de leur donner de l’alcool. Le plus jeune avait 12 ans. Un fait divers sanglant, qui relance le débat sur la délinquance juvénile. Et si derrière chaque enfant violent, il y avait une famille déséquilibrée ? C’est la question – presque le constat – que pose Sonia Imloul, membre du Conseil économique et social, dans son livre Enfants bandits ? (éditions Panama, 15 Euros). Cet ouvrage, dur et émouvant, déchirant même, décrit des situations paroxystiques mais représentatives d’une tendance nouvelle, où de très jeunes enfants, entre 3 et 13 ans, sombrent dans l’agressivité et la délinquance.

Des histoires vécues, racontées par les institutrices des écoles primaires de Seine-Saint-Denis et par les policiers de la brigade des mineurs du département. Face à cette réalité choquante, les politiques préfèrent éluder le sujet, ou transférer la gestion du problème aux jeunes institutrices fraîchement sorties de l’IUFM, où elles n’ont évidemment reçu aucune formation pour contenir la violence des enfants. Sonia Imloul ne voit qu’une solution à l’équation : refaire de la politique familiale une véritable priorité nationale. Pour que l’enfant et son accueil redeviennent la priorité absolue. Morceaux choisis.

 

KEVIN, 4 ANS

Le cri de la douleur

"Le petit garçon n’a qu’une soeur jumelle, Inès. Ils sont inséparables. […] Ils n’ont jamais connu leur père. "Partie en voyage", leur mère les a confiés à une amie quand ils avaient 18 mois. L’amie en question s’est empressée de les abandonner dans un cinéma, d’où ils ont échoué à la DDASS. Revenue en France, la mère n’a pu les récupérer. Kévin et Inès sont ballottés d’une famille à une autre. Dans la première, ils sont maltraités. À tel point qu’il faut les transférer d’urgence dans une autre famille d’accueil. Le temps de trouver une solution. […] À 4 ans, on n’exprime pas encore sa souffrance par de grandes phrases construites. Alors on hurle. […] Kevin hurle si fort que plus personne ne s’entend parler et que l’enseignante doit interrompre la classe. Assise à côté de lui, sa soeur le regarde avec des yeux vidés de toute expression ; et de temps en temps, elle ricane. Une vision cauchemardesque tout droit sortie d’un film de Stanley Kubrick. En écoutant ce récit, me revenaient les mots de la directrice de l’enfance à la mairie de Saint-Denis, Joëlle Questier-Porrolt : "Un enfant de 4 ans qui hurle manifeste déjà une souffrance irraisonnable. La violence commence là. "

BEMBA, 7 ANS

Dressé à incendier

"Tôt ce matin, ses frères l’ont emmené devant le collège, qui se trouve à un kilomètre de l’école. Leur objectif : les voitures qui ont passé la nuit sur le parking du collège. Problème : l’entrée du parking est fermée par une grille. Seul un individu de très petite taille peut se glisser dessous. C’est le rôle de Bemba qui se voit confier un jerrycan d’essence et un briquet, avec pour mission d’aller incendier les véhicules garés. […] L’enseignante pense à demander des explications aux frères qui ont utilisé Bemba, et qu’elle connaît. Mais desquels s’agit-il ? Dans la famille du petit garçon, il y a dix-sept enfants… S’adresser aux parents ? Cela fait deux ans que la mère a disparu de la circulation, tandis que le papa polygame s’absente régulièrement pour rentrer au Mali chercher de nouvelles femmes qu’il ramène en France. " L’équipe éducative était persuadée que si personne ne prenait cet enfant en main, il n’atteindrait jamais l’âge de 13 ans. Qu’il mourrait avant, dans l’un des nombreux mauvais coups où l’entraînaient ses frères. "

KADER, 6 ANS

Endormi au haschisch

"Tu fumes, toi, maîtresse ? " La maîtresse a beau avoir grandi et enseigné dans le département, elle n’a encore jamais eu à répondre à une telle question de la part d’un gamin de 6 ans. " Oui, répond-elle d’un ton qui se veut détaché mais où la curiosité pointe malgré tout. – Tu fumes quoi ? – Ben… des cigarettes. – Mon beau-père, il fume de la "ztla". De la "ztla" : du haschisch en arabe maghrébin. […] – Et comment sais-tu que ça s’appelle de la "ztla" ? – Oh tu sais, maîtresse, mon beaupère il m’en donne un peu pour que je dorme bien. " Le beau-père qui fait fumer Kader est en fait le cousin germain de sa mère, qu’elle a épousé après avoir divorcé de son premier mari. Lorsqu’une fille est née de cette union consanguine, Kader est parti en vrille. Il s’est mis à taper. À taper tout le monde. Ceux qui refusaient de jouer avec lui, mais aussi ceux qui acceptaient de jouer avec lui. Il ne tapait pas pour taper. Mais pour exister."

OMAR, 4 ANS

Elevé par ses "grands frères"

"Malien, le père d’Omar a trois femmes en France. Les deux premières ont fini par quitter le foyer familial pour aller vivre ailleurs. La troisième est la maman d’Omar. Très malade, elle est rentrée au Mali pendant de long mois. Le père est donc reparti vivre avec son ex-deuxième femme, abandonnant ses enfants nés de la troisième. Dont Omar. "Il vivait totalement seul avec ses frères. Il allait à l’école tout seul. Pendant les émeutes de 2005, il était dehors à 23 heures au milieu des voitures en flammes." Du pain bénit pour les assistantes sociales ? " C’est bien plus compliqué qu’on ne le pense, affirme Émilie Fernez : les grands frères aux allures de gangsters les empêchaient d’entrer dans l’appartement. Elles étaient désarmées pour aider le gamin. "

BRYAN, 7 ANS

Le visage peint de son sang

"Ses bras sont marqués d’estafilades rouges. Et sur sa table, ses ciseaux sont rouges aussi. Bryan s’est écorché les bras avec ses ciseaux et s’est peint le visage de son propre sang. […] Son comportement autodestructeur est permanent. Sans aller jusqu’à mettre sa vie en danger, il prend un malin plaisir à se blesser, à se faire mal. L’institutrice l’a vu se planter son compas dans le dos de la main, s’enfoncer la mine de ses crayons sous les ongles. […] " Et, dans la cour de récré, il agissait en sorte de se faire tabasser par tout le monde. Il allait titiller les gamins jusqu’à ce qu’ils explosent et lui rentrent dedans. " […] Quand Bryan a passé quelques jours chez sa grand-mère, il revient transformé. Lumineux, serein, joyeux. Toute violence vis-à-vis de lui-même semble l’avoir quitté. Puis il réintègre le foyer familial. Et tout redevient comme avant."

HENRI, 8 ANS

Voleur de voitures

"Bruits de moteur hurlant en surrégime. Les policiers tournent la tête, juste à temps pour voir passer en trombe une Renault 19. Sans chauffeur. La police de cette cité de l’est du département a pris l’habitude de ne pas s’effrayer au spectacle de la voiture fantôme. Depuis le temps, elle fait un peu partie du paysage. Certes, ce n’est jamais exactement la même. La couleur, l’état, l’ancienneté, les accessoires changent d’une fois à l’autre. Mais le modèle reste identique. […] Et le style de conduite est reconnaissable entre mille : nombreux à-coups, brusques embardées, vitesse excessive… C’est qu’il n’est pas évident de conduire quand on mesure 1,35 m et qu’on n’est jamais allé à l’auto-école. Ce qui, à 8 ans, est tout à fait normal.

Valentin Goux.
Par Patrice HUIBAN
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