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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 23:55

 

Le Télégramme, 27-06-2011.

 

Citoyenneté. Le retour du «service» ?

 

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Juin 2001: le dernier appelé rend son fusil. Dix ans après sa suppression, la question de remettre en place un service national obligatoire refait encore surface régulièrement. Pour ses vertus d'école de la citoyenneté et de mixité sociale.

 

«À l'époque, j'avais attiré l'attention de Jospin sur le fait que des jeunes allaient pouvoir arriver à l'âge adulte sans avoir rencontré une seule fois une forme d'autorité dans leur vie, du fait, notamment de la démission des parents», confie Gilbert Le Bris, député finistérien, membre de la commission de la Défense.

 

«Creuset républicain»

 

À l'automne 2005, la crise dans les banlieues relance le débat. La journée d'appel et de préparation à la défense (JAPD) est instituée pour tous les jeunes garçons et filles. Insuffisant, toutefois, dit-on, pour remplacer l'ex-service, «creuset républicain», par excellence, outil de brassage social et d'apprentissage de la vie en communauté. «Il faudrait au moins allonger la JAPD - aujourd'hui journée de défense et de citoyenneté - à trois jours», suggère Gilbert Le Bris, tout en soulignant la pertinence d'un service civique de plus longue durée. «Mais, concrètement, je ne vois pas comment on pourrait assurer l'encadrement de 700.000 jeunes aujourd'hui». En tout cas, pas par les militaires, désormais en nombre réduit et professionnels. De toute façon, la pilule aurait du mal à passer auprès des jeunes: «L'époque n'étant plus au temps où tout Français était un soldat devant défendre la Nation.»

 

Un livret du citoyen

 

Patrick Beaudoin, député du Val-de-Marne, propose un parcours individuel du citoyen: «L'objectif est de faire comprendre les règles du savoir-vivre ensemble puis, une fois acquis, comment on les défend.» Ce livret s'appuierait sur un ensemble de formations tout au long de la vie, «en utilisant les politiques publiques qui existent». Au-delà de deux journées de JAPD, dont l'une consacrée à la citoyenneté via des rencontres avec des élus, Patrick Beaudoin prône de créer un troisième volet de l'éducation, basé sur un renforcement de l'enseignement de l'Histoire et de l'instruction civique. Mais aussi de jalonner le parcours de vie de journées de sensibilisation (citoyenneté, défense...) et de valoriser les implications des citoyens dans la vie publique (scout, pompiers volontaires...).

 

Traiter les causes d'abord

 

L'amiral Alain Béreau, lui, est un fervent partisan d'un service civique obligatoire: «Le rendu du service civique volontaire que nous avons mis en place est très positif. Les jeunes apprécient ce temps où ils engrangent de l'expérience, réfléchissent sur leur parcours.» L'apprécieraient-ils tout autant s'il était obligatoire? Rien n'est moins sûr. Joël Autret, sociologue, se demande s'il est opportun de faire un lien entre la mixité sociale et le service national: «N'essaie-t-on pas de traiter les conséquences et non les causes. C'est-à-dire, favoriser l'unité nationale alors qu'il y a des choses à faire, en amont sur le plan éducatif, social, économique.»

 

Quel sens pour les jeunes?

 

Le sociologue se demande, par ailleurs, si «le lien réalisé, systématiquement, entre personnes défavorisées et socialisation républicaine par l'inclusion dans un service civil ou militaire est pertinent. Il faut, d'abord, lutter contre la culture de l'allophobie (la peur de l'autre, des quartiers difficiles)... et assurer la transmission des valeurs aux enfants. Cela revient aux parents, pas à un service national... aux enseignants, aussi. Il faudrait, également, rechercher le sens à donner à cette activité civique, un réel service social, afin qu'il soit recevable par les jeunes; qu'ils sentent qu'ils servent à quelque chose d'utile pour la collectivité». Le débat est ouvert. Et on risque fort de le retrouver lors de la présidentielle en 2012.

 

L’Elan Nouveau des Citoyens soutient la mise en place d’un service civique universel, même si un tel projet nécessiterait plusieurs années de montée en puissance.

 

En effet, c’est le seul moyen d’obtenir pour tous les citoyens, pendant une période de leur vie au moins,  un brassage social facteur de respect mutuel et donc de fraternité. L’Ecole, dont c’est une des vocations, peine de plus en plus à assurer ce brassage. Elle reproduit souvent l’environnement social dominant de l’enfant.

 

Outre le raffermissement de l’unité nationale, un tel service serait un multiplicateur d’efficacité globale pour toute la société si l’affectation des jeunes respectait un compromis entre souhaits individuels, compétences à offrir à la collectivité et la nécessité d’évoluer dans un milieu différent de son milieu d’origine.

 

Outre les traditionnels volontariats dans les armées, la Gendarmerie, la Police, les pompiers et la Sécurité civile, la société toute entière bénéficierait d’un soutien scolaire de qualité généralisé, d’un renforcement du lien social au profit du 3e et 4e âges, d'une solidarité accrue envers les individus en grande précarité, d’un entretien plus développé de l’environnement,….

 

Dans une démocratie, donner quelques mois de sa vie à la collectivité ne doit pas être une possibilité mais un devoir.

 

Patrice HUIBAN.

 

 

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Informations de référence
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