Presse écrite suisse, le
26-05-09.
Sanctions uniformes contre les importateurs et détaillants de jeux et vidéos qui n’appliquent pas les mesures d’autorégulation de la branche. Mise à disposition gratuite de logiciels de filtrage
par les fournisseurs d’accès Internet. Sensibilisation des parents et enfants. Dans son rapport sur la violence des jeunes présenté hier, le Conseil fédéral n’y va pas de main morte avec les
médias électroniques.
Le Conseil fédéral propose d’élaborer un programme national contre la violence juvénile. D’une durée de cinq ans, ce projet vise à soutenir les cantons et les communes pour élaborer une
action combinant prévention, intervention et répression.
Thomas Vollmer, qui a dirigé le projet à l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS), s’explique: "Nous voulons encourager ces acteurs à appliquer et à renforcer les codes de conduite auxquels ils se sont engagés volontairement. Certes, les études scientifiques n’établissent pas un lien direct entre la violence virtuelle et le passage à l’acte, mais nous voulons renforcer la protection de la jeunesse." En effet, le rapport souligne qu’une consommation de jeux violents supérieure à la normale peut avoir des effets négatifs sur le comportement lorsqu’elle s’inscrit dans un contexte social et personnel défavorable. "En outre, un effort de sensibilisation doit être consenti: les parents doivent être mieux informés de la nature des jeux – trop souvent, ils ne connaissent pas la signification des labels de la branche – et les enfants éduqués aux dangers d’Internet", ajoute Thomas Vollmer. Ce dernier point est particulièrement important car les autorités ne disposent pratiquement pas d’autres moyens d’intervention sur la Toile.
Outre ces mesures spécifiques à l’électronique de divertissement, le Conseil fédéral propose d’élaborer un programme national contre la violence juvénile. D’une durée de cinq ans, ce projet vise à soutenir les cantons et les communes pour élaborer une action combinant prévention, intervention et répression.
Enfin, la Confédération veut améliorer les statistiques sur l’ampleur et l’évolution du phénomène. Il
s’agit en particulier de capter cette part invisible de la violence qui échappe aux autorités faute de plainte.
Explosion de certains délits
Les plaintes, en tout cas, laissent entrevoir une explosion de certains délits (jusqu’à 10 fois plus
qu’il y a vingt ans pour les extorsions, menaces et
contraintes). Mais, cette évolution semble s’expliquer en partie au moins par une tendance accrue de la population à dénoncer les délits.
Selon une enquête zurichoise, 40 à 60% des jeunes (soit 260 000 en Suisse) ont un comportement normal. Seuls 0,5% (2500) ont été condamnés pénalement pour des violences. De son côté, l’Office fédéral de la police recense quelque 500 jeunes qui commettent des délits graves et répétés.
Enfin, le rapport établit le profil du délinquant juvénile: un garçon élevé dans le culte de la
virilité et de l’ethnocentrisme. Pour autant, l’origine semble jouer un moins grand rôle que des facteurs comme le niveau d’instruction, le revenu, l’environnement culturel.
LAURENT AUBERT.
Ce point est intéressant. Le groupe de travail de l'Elan ne s'est pas penché sur l'influence des jeux vidéos et d'Internet sur la délinquance juvénile. Pourtant, étant donné leur
poids respectif dans la vie des adolescents, des études doivent être menées afin d'envisager des mesures appropriées. Le débat est loin d'être clos...
Patrice HUIBAN.
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