Son ambition éducative est de " tisser, retricoter du lien ", par l'écoute, le dialogue, le suivi, le conseil porté aux parents qui ont souvent perdu pied. La faute au chômage, à l'alcoolisme, à la drogue, à une séparation, à la précarité, à la solitude aussi.
" L'enfant, qui devient délinquant réagit à un milieu social, c'est un instinct de survie. Mais il n'y a pas un seul facteur déclenchant, c'est plutôt une accumulation, une concomitance ", analyse André Douzant, plus sensible " aux comportements individualistes qu'à la pauvreté ", pour expliquer ces difficultés, ces dérives. Aider et soutenir les parents donc - dans une très grande majorité, ils acceptent cette main tendue - tout en gardant au centre la parole de l'enfant : c'est bien là le travail des quatre éducateurs, de la psychologue et de l'assistante sociale missionnés par le juge des enfants. " Cette collaboration avec la famille et cette prise en considération du mineur font aujourd'hui la qualité et l'efficacité du milieu ouvert ", insiste Laurent Sabag, juge pour enfants, qui croit beaucoup à ce partenariat avec la Protection judiciaire. " Bien souvent, je ne revois pas ces jeunes dans mon bureau, ils n'y font qu'un seul et unique passage ". Preuve que la mesure prise a porté ses fruits.
Redonner de l'autorité aux parents
Pour autant, il faut du temps. Le suivi peut durer quelques mois, en moyenne une année, voire beaucoup plus. " Nous ne sommes pas des Zorro, des donneurs de leçons, c'est un long travail de stratégie. L'objectif, c'est de redonner de l'autorité aux parents, de les mettre en situation de poser les règles, de leur faire prendre conscience par eux-mêmes des solutions ", souligne André Douzant. L'exercice, " qui n'est pas un exercice de contrôle mais d'accompagnement ", se fait par touches successives, des visites régulières aux familles, hebdomadaires ou plus espacées quand il y a moins besoin. Il se fait aussi en réseau, avec le concours d'enseignants, de médecins quand il faut. C'est cette richesse " d'échanges, de liberté d'action " qui plaît à Marion, éducatrice depuis 2000 et qui a la charge d'une vingtaine de jeunes et leurs familles.
Sur la centaine suivie par le centre, une trentaine est installée à Brignoles, les autres habitent Le Luc, Saint-Zacharie, Rocbaron, Rians ou encore Garéoult.
Ville ou campagne, la délinquance juvénile n'obéit pas à la géographie. Et atteint tous les milieux socioprofessionnels. Mais, si tendance il y a, remarque André Douzant, " on s'aperçoit que la tranche des 11-14 ans est de plus en plus concernée par des faits de violence, couteau dans les cartables par exemple ". " Un phénomène qu'on ne voyait pas avant " et qui, conclut-il, inquiète l'ensemble des autorités et services qui travaillent près des jeunes.
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